jeudi 27 mai 2010

Point-route

Avant de partir, on avait promis un point-route à Pimousse toutes les 12 semaines. L'aventure vélocipédique ayant débuté le 27 février, il est temps de tenir notre engagement.


Km parcourus : 5650
Crevaison : 1 + une valve déchirée
Problèmes mécaniques : pédales à changer sur les deux vélos, plus roue arrière branlante chez Arnaud
Etat des routes : globalement en bon état en Iran, hors secteur en travaux (nombreux !)
Paysages : depuis Ispahan, la campagne est verte, collineuse voire montagneuse, et plus habitée.
Vent : toujours régulièrement de face, mais ça va mieux
Etat des cyclistes : Bon. Des boutons à la selle parfois, et des petites douleurs au genou de temps en temps, mais les muscles sont bien rodés maintenant.
Météo : souvent beau le matin et bouché l'après-midi. Averses toutes les deux semaines environ. Pour l'instant on n'a pris que deux fois la pluie sur la route.
Cantine : on garde le rythme pâtisseries le matin, épicerie le midi, resto/kebab le soir. On sent une amélioration dans la qualité en montant au nord-ouest.
Hébergement : hôtel lors des pauses hebdomadaires villes-internet-lessive-brossage de dents, sinon jardin public ou en pleine nature et parfois mosquée ou chez l'habitant en pension complète.



PS : n'oublions pas comme promis toutes les douzes semaines, une photo de groupe. Prise à l'aube par Amir ( notre dernier iranien du jour..) deux paires d'yeux à demi ouverts... c'est le service minimum cyclope.

mercredi 26 mai 2010

Brel n'était pas kurde

Brel n'était pas kurde... ou alors il nous a bien eu sur le coup du plat pays. Le "ciel si bas qu'il fait l'humilité" on l'a bien vu par contre !

mardi 25 mai 2010

Howraman, piège à touristes

GU l'aura décelé sur la vue satellite, d'autres sur la carte avec relief, on est allés gravir à la vitesse d'une connexion internet iranienne un grand huit géant, dans la région d'Howraman. En effet, le guide Lonely Planet décrivait l'ensemble de vallées de ce district kurde comme "impénétrable, magique et rarement visitée". Là au moins les locaux, comme les Basques en leur temps, étaient à l'abri des destructions causées par les empires voisins.


Nous, on a trouvé que la région est un piège à touristes. Oui, les touristes qui viennent là risquent fort d'y rester bloqués à jamais. Déjà, si le relief a réussi à dissuader les méchants de venir chez eux, il aurait aussi pu nous empêcher d'en repartir. A Nowsud, où on a dormi, une montée assez pentue de 30 km nous attendait le lendemain matin...De quoi donner envie de rester un peu. En même temps, on avait bien descendu 25 km pour arriver à Nowsud.



De plus, l'accueil des locaux a de quoi piéger le touriste. Ce n'est pas très fréquent que l'on dorme chez l'habitant, là on a eu cet honneur deux jours d'affilée. Notre premier hôte, ancien combattant "démocrate" durant la guerre Iran-Irak -donc du côté de l'Irak alors qu'il est iranien-, nous a permis de regarder un bout du match de rugby Clermont-Toulon, et nous a emmenés visiter la grotte d'Hossein.



Cette grotte est nommée ainsi, parce qu'un certain Hossein y habite, tout bêtement. Unijambiste, il a creusé dans la pierre sa chambre, son salon, ses toilettes, ainsi que sa future tombe. Hossein était peut-être un touriste resté piégé dans la région...

vendredi 21 mai 2010

Retour au Touristan

Les fidèles lecteurs attentifs auront noté que, dans l'article "Quand on arrive en ville", on pouvait faire la différence entre les voyageurs au long cours et ceux qui ne visitent qu'un seul pays. Hé bien on a retrouvé des gens de cette deuxième catégorie. Ce n'est pas à Quetta que l'on en a croisé un seul, ni même à Lahore, Bam ou Bandar Abbas... En revanche, les villes de Shiraz, Yazd et surtout Ispahan peuvent être estampillées du label "Touristan".



Cela comporte bien sûr quelques mauvais côtés. Les guides ou marchands de tapis qui nous abordent, se la jouant faussement sympathiques, très peu pour nous. Les restaurants auto-proclamés "Authentic food" et qui du coup doublent les prix, non merci. Mais sinon, pas de chauffeur de rickshaw entêté, pas de mendiant suiveur, pas de marchand de carte postale voulant à tout prix t'arnaquer. L'Iran, ce n'est pas l'Inde.

Les bons côtés, eux, resteront plus longtemps dans nos mémoires. A Shiraz et à Yazd, ce fut un plaisir de jouer au labyrinthe grandeur nature dans les ruelles des vieilles villes, se perdant et étant obligés de faire demi-tour un certain nombre de fois. Heureux hasard on y rencontrera François, un vieux pote d'Arnaud.



Délaissant parfois les petits espaces pour jouer sur toute la largeur du terrain, on s'est aussi promenés dans les jardins que les Iraniens aiment tant. Mention spéciale aux Ispahanis qui, au lieu de faire des voies sur berges, ont aménagé les rives de leur rivière Zayandeh en un espace vert qui court de vieux et joli pont en vieux et joli pont.



Les Iraniens aiment aussi les bazars, et ont bien fait les choses à Ispahan, Yazd et Shiraz. Fort de l'expérience que la pluie abime les marchandises, ils ont décidé de couvrir les marchés il y a quelques siècles. Les fripiers sont étalés à côté d'autres fripiers, les bijoutiers regardent la télé en attendant que les clients arrivent de chez le bijoutier d'à côté. Seul point noir à ce tableau assez enchanteur, les constructeurs n'avaient pas prévu que le toit voûté ferait résonner les pétarades des motos. En même temps, au XVIIIe siècle, ç'eût été se révéler visionnaire.



Encore plus importantes que les jardins ou les bazars sont les mosquées. Pour ça, il n'est pas nécessaire de retourner au Touristan pour en voir de jolies, même à Zahedan y'en a des bien (et c'est dire). Mais il est vrai qu'être ancienne capitale de l'Iran, comme Shiraz et Ispahan, aide à présenter le meilleur de l'art musulman. Les mosaïques bleues et jaunes sont impressionantes, les dômes simplement beaux laissent rêveurs.



On a tenu six paragraphes dans un article parlant d'Ispahan sans (d)écrire la Place de l'Imam (Imam veut aussi dire saint pour les Chiites), communément appelée "Image du monde". Ce n'est pas si facile, tant cette place, deuxième du monde par la taille après Tian An Men, est le symbole d'Ispahan. De Tian An Men, vous connaissez tous une photo. En voici une de la place de l'Imam. Jugez par vous même laquelle est la plus belle.



Cette place est bien équilibrée, pas trop surchargée. Pourtant, elle présente deux des plus belles mosquées de tout le Moyen-Orient (à ce que les gens disent, nous on ne connait pas encore). Les arcades régulières rappellent un peu les grand-places espagnoles. Seul défaut, les voitures qui la traversent, comme sur la place Kléber d'avant Catherine Trautmann. Ca n'empêche pas les enfants de venir jouer au ballon, les amoureux de manger un bastani-faloudé (glace au safran accompagnée de vermicelles de riz gelés arrosés de jus de citron, c'est très bon croyez-nous) et les mamans de deviser entre elles.



Un dernier avantage, en ville on peut trouver des anglophones, ce qui est plutôt difficile en Iran, jugez-en par la faible quantité d'Iranien du jour produite. En bonus, une photo de la salle de prière d'une mosquée shirazie.

jeudi 20 mai 2010

Sécurité routière

Bien décidé à ne pas conserver son titre de champion du monde d'accidents de la route ( source non vérifiée mais propos affirmé fièrement par plusieurs habitants du sud du pays) l'Iran investit dans la sécurité routière. S'inspirant du succés connu par le "dos-d'âne" dans le monde occidental, ils implantent de nombreux "flancs de moutons" aux environs des villages. Nous avons eu le privilège de pouvoir constater l'efficacité redoutable de ce dispositif ingénieux sur un bolide lancé à plus de 150km/h.


En parallèle de cette opération, le gouvernement, enfin décidé à lutter contre le chômage et l'oisiveté des jeunes toxicomanes souhaite confier le rôle d'assistant-contrôleur à des adolescents en manque de sensations fortes. Le puissant lobby des anciens combattants de la guerre Iran-Irak ne l'entend toutefois pas de cette oreille. Il est vrai que peu de junkies peuvent contester leur aptitude à mettre les moutons au garde à vous et remplacer chaque soir ceux tombés au combat. (Anticipant un commentaire du Pr Cure nous vous informons que le caractère non hallal des moutons tombés au combat écarte toute possibilité de recyclage chez le kebabi du coin)

La mise en place à l'échelle nationale d'une telle opération est un défi de taille. Ne reculant devant rien, le gouvernement a réquisitionné la quasi-totalité des ovidés du pays contraignant leurs bergers à de longues marches forcées le long (le long) des routes.


Les sceptiques quand à la véracité de mes articles n'ont qu'à aller constater eux mêmes l'ampleur des colonnes ainsi déployées. Thierry n'en doute plus depuis son échange avec un des fonctionnaires chargé du contrôle des opérations.


mercredi 19 mai 2010

Pause culture


Après la pause publicité (et la blague un peu facile d'Arnaud et/ou Thierry), une petite carte informative. L'Iran rassemblant bien d'autres cultures/langues/nationalités que le persan, il m'a semblé intéressant de surimposer le trajet des cyclopes à une carte "culturelle" de l'Iran (source Wikimedia). Ils sont maintenant en plein Kurdistan, mais vont-ils rencontrer quelques Azéris ou bien éviter leur contrée, comme pour le Baloutchistan?

Petite question pour vous d'ailleurs, voyez-vous ces différences culturelles ? Pour la langue notamment, est-ce que le farsi est utilisé partout ?
Et surtout avez-vous rencontré des Qashqais ? La page wikipédia est bien trop maigre à leur sujet !