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vendredi 23 avril 2010

On a faim, rendez-nous les dhabas !

Deuxième volet du plaidoyer pour les dhabas : la nourriture. En effet, il serait bien pratique d'avoir des restaurants bons et pas chers le long de la route.

L'Iran est trois fois moins dense que la France, sachant que c'est plutôt le Nord-Ouest qui est peuplé...
La première partie que l'on a traversée était un désert, et ensuite, c'est le long du golfe persique que l'on a cheminé. Golfe où l'humidité de l'air et la chaleur (jusque 50°C en été) n'aident pas beaucoup à densifier la population pour le plus grand bonheur d'une curieuse espèce qui a su saisir la niche : le dromouettaire. Enfin, rejoindre Shiraz nous a fait traverser des montagnes arides sur une autoroute toute neuve.


Résultat de cette faible densité: trouver une petite ville où s'arrêter le soir nous contentait déjà, car cela nous permettait d'aller faire un tour chez le primeur avant d'engloutir un kebab frais. En solution de repli, on s'arrimait aux hamburgers au pain et à la viande congelée, que l'on peut trouver même dans les gros villages. Le midi, c'est souvent l'option épicerie qui s'impose. Quand on trouve un village, on remplit les sacoches, et c'est parti ! Le choix se limite à : pain (pas toujours), fêta, purée d'aubergine-tomate, chips et gâteaux secs, sans oublier les éternelles glaces. Quand on a réussi à s'amener quelques tomates-concombres, on peut aussi se faire un sandwich à la salade grecque (ce que les Parisiens appelent "sandwich grec" étant un kebab, faut croire qu'Iran et Grèce sont culinairement liés).

Il existe quelques motifs de rejouissance, heureusement. D'abord, les melons et pastèques, que l'on transporte parfois dans les sacoches, et qui nous font plaisir aux pauses. Autre plaisir sucré : les pâtisseries. Elles sont bonnes, et étonnament pas chères (une assiette comme celle en photo coûte 2€, soit deux hamburgers). Enfin, les Iraniens sont champions du monde en herbes aromatiques.


Ah oui, et j'allais oublier que les Iraniens sont carnivores, et ne font pas semblant quand ils mangent de la viande... Dans les grandes villes, le poulet rôti entier est de mise, et pas pour six personnes. Mais on ne perd pas tout espoir pour autant, la nourriture est pas mal dans les villes, et il paraît qu'elle est meilleure dans le nord moins sec.


Pour l'instant, on fait donc globalement un régime hamburger-fêta-glace-pâtisseries. Heureusement qu'on se dépense pas mal sur le vélo pour éliminer tout ça...

mercredi 21 avril 2010

Faites la sieste, OK, mais rendez-nous les dhabas !

Au Pendjab indien ou pakistanais, la journée se passe lentement, mais d'un seul bloc, sans sieste. Les camions passent tout aussi lentement, à 40 km/h de moyenne. De nombreux restaurants pour routiers, nommés dhabas, jalonnent donc les routes. Les camionneurs y mangent le plat souvent unique mais bon, assis sur des lits de corde. Revenant à la fonction occidentale du lit, on en profitait pour faire la sieste pendant les heures chaudes.

Ici, en Iran, les gens ont un rythme plus espagnol que les Espagnols. Debout à 6h du matin, ils commencent le boulot ou l'école vers 7h, mais dorment presque tous entre 13h et 16h. Puis sont vaillants à nouveau, jusque minuit. Oh, cela ne nous dérange pas en soi, on n'a rien contre l'Espagne (un des deux T-shirt "vélo" d'Arnaud étant un maillot de l'équipe de foot espagnole, on nous prend souvent pour des Ibères). C'est juste que ici, les camions vont vite, et n'ont pas besoin de s'arrêter tous les 50 km. Donc plus de dhabas, et plus de sieste -des lecteurs vont objecter qu'on peut toujours faire la sieste dans l'herbe à l'ombre, mais dans les zones traversées, les arbres se faisaient très rares et plutôt maigrichons-.


C'est un peu gênant quand il fait chaud, mais ça reste supportable. Le problème vient surtout quand on est invités chez des gens, et que à 22h30 on tombe de sommeil alors que eux sont encore frais et dispos. Même soucis quand nos hôtes partent au lycée alors qu'on dort encore...


On passe donc parfois la nuit chez les gens. D'autres fois, c'est vers la mosquée qu'on est redirigés. Ou alors on dort dans les jardins publics. C'est un lieu social que les Iraniens apprécient, et où ils viennent pique-niquer et camper, ou tout simplement profiter de la fraicheur du soir. Il y a des toilettes où on peut se laver (au seau), et même parfois des fontaines d'eau fraîche. Il est à chaque fois cocasse que l'on s'endorme alors que les cages à poule sont encore pleines d'enfants...

Maintenant que l'on est entrés dans l'Iran où il fait froid, ça va peut-être changer.